Etanchéité

Acheter une maison : comment identifier les problèmes d’humidité ou de remontées capillaires ?

Temps de lecture : 9 min Modifié le : 27 août 2025

L’acquisition d’un bien immobilier représente l’un des investissements les plus importants dans une vie. Parmi les problèmes susceptibles d’affecter une habitation, l’humidité et les remontées capillaires figurent en tête de liste des désagréments les plus fréquents et coûteux à traiter. Ces pathologies, souvent dissimulées lors des visites, peuvent engendrer des frais considérables après l’achat. Découvrez comment détecter ces signes avant-coureurs pour sécuriser votre investissement immobilier et vous épargner des années de complications que de nombreux propriétaires regrettent de ne pas avoir anticipées.

Les signes visuels révélateurs d’humidité dans une maison

Lors de la visite d’un bien immobilier, il est important d’adopter une démarche méthodique pour identifier les indices visuels révélateurs d’humidité. Ces marqueurs, parfois subtils, constituent des indicateurs déterminants qui vous permettront d’évaluer l’état général de la maison avec précision.

Les traces visibles sur les murs et plafonds

Examinez minutieusement les surfaces pour repérer :

  • Des auréoles jaunâtres ou brunâtres sur les murs et plafonds
  • Des cloques ou écaillements de peinture
  • Des papiers peints qui se décollent aux angles ou le long des plinthes
  • Des moisissures (taches noires ou verdâtres) dans les coins ou derrière les meubles
  • Des efflorescences salines (dépôts blanchâtres poudreux) sur les murs, particulièrement caractéristiques des remontées capillaires

Les dégradations structurelles à ne pas négliger

Certains signes indiquent un problème d’humidité plus ancien et potentiellement plus grave :

  • Des plinthes ou boiseries gonflées ou pourries
  • Du carrelage qui se décolle ou présente des joints noircis
  • Des fissures horizontales au bas des murs, souvent liées aux remontées capillaires
  • Des traces d’infiltration autour des fenêtres ou sous les appuis de fenêtre

Inspectez également l’état du plafond sous les salles de bains de l’étage supérieur, cette zone étant particulièrement vulnérable aux infiltrations. Cette vérification spécifique vous évitera de découvrir tardivement des problèmes coûteux.

Comment détecter les remontées capillaires ?

Les remontées capillaires constituent un type spécifique d’humidité qui mérite une attention particulière. Ce phénomène se produit lorsque l’eau présente dans le sol remonte dans les murs par capillarité, en l’absence ou en cas de défaillance de barrière étanche.

Localisation et caractéristiques spécifiques

Les remontées capillaires présentent des particularités qui permettent de les identifier avec précision :

  • Elles affectent principalement le bas des murs, formant généralement une ligne horizontale d’humidité jusqu’à environ 1 mètre de hauteur
  • Les angles des pièces sont souvent plus touchés
  • Les dégradations sont plus prononcées sur les murs donnant sur l’extérieur ou en contact avec le sol
  • La présence d’une odeur de moisi caractéristique est fréquente dans les pièces affectées

Indices révélateurs dans les parties anciennes

Dans les maisons anciennes, soyez particulièrement vigilant face à ces signes :

  • Des murs de cave humides ou présentant des traces de salpêtre
  • Une détérioration des enduits en partie basse des murs
  • La présence de mousses ou lichens sur les façades, notamment à leur base
  • Des peintures cloquées systématiquement en bas des murs intérieurs

Attention : si le propriétaire a récemment repeint uniquement le bas des murs, cette intervention peut constituer une tentative de dissimuler temporairement des problèmes de remontées capillaires. Cette connaissance vous placera en position de force pour négocier le prix ou demander des diagnostics complémentaires.

Utilisez vos sens pour détecter l’humidité

Au-delà de l’observation visuelle, tous vos sens peuvent vous aider à détecter des problèmes d’humidité lors d’une visite, transformant votre inspection en véritable analyse sensorielle.

L’odeur, un indicateur fiable

Votre odorat constitue un allié précieux :

  • Une odeur de moisi ou de renfermé persistante même après aération
  • Des parfums d’ambiance très présents peuvent servir à masquer des odeurs d’humidité
  • Une odeur de terre dans une cave ou un sous-sol

Demandez l’autorisation d’ouvrir les placards pour y détecter d’éventuelles odeurs suspectes, particulièrement dans les pièces humides comme la salle de bains ou la cuisine.

Le toucher et l’observation attentive

Utilisez également le toucher lorsque c’est possible :

  • Des murs froids et humides au toucher, particulièrement en bas des murs
  • Des revêtements de sol souples qui présentent un aspect bombé ou spongieux
  • Une sensation d’humidité dans l’air, même par temps sec

Observez également le comportement du vendeur : s’il évite certaines zones ou élude vos questions sur d’éventuels travaux d’étanchéité, cela peut révéler une problématique sous-jacente.

Les outils et méthodes pour confirmer vos soupçons

Pour aller au-delà des simples observations et obtenir des informations plus précises, certains dispositifs et procédés professionnels peuvent vous aider à établir un diagnostic fiable et documenté.

Instruments de mesure accessibles

Certains appareils peuvent s’avérer précieux pour un diagnostic plus objectif :

  • Un humidimètre portatif : permet de mesurer le taux d’humidité dans les murs (disponible à partir de 30 €)
  • Un hygromètre : indique le taux d’humidité dans l’air (l’idéal se situe entre 40 % et 60 %)
  • Une caméra thermique : peut révéler des zones d’humidité invisibles à l’œil nu (disponible en location)

Mentionnez au vendeur que vous souhaitez effectuer ces mesures lors d’une seconde visite, sa réaction pourra être révélatrice de la situation réelle du bien.

Faire appel à un professionnel

Dans le doute, sollicitez l’intervention d’un expert :

  • Un diagnostiqueur immobilier : peut réaliser une analyse complète
  • Un spécialiste en bâtiment : saura évaluer l’ampleur des problèmes et estimer les coûts de réparation
  • Une inspection à la caméra thermique : fournira une cartographie précise des zones humides réalisée par un technicien qualifié

L’investissement dans une analyse professionnelle (généralement entre 200 € et 500 €) reste négligeable comparé aux travaux de rénovation que pourraient engendrer des problèmes d’humidité non détectés. Cette démarche vous épargnera potentiellement plusieurs milliers d’euros de travaux imprévus.

Les questions essentielles à poser au vendeur

La transparence du vendeur concernant l’historique du bien est cruciale. N’hésitez pas à poser des questions directes mais diplomatiques pour recueillir des informations précieuses.

L’historique du bâtiment et des travaux

Renseignez-vous sur :

  • Les travaux d’étanchéité ou de drainage déjà réalisés
  • La présence d’un vide sanitaire ou d’une cave et leur état
  • L’âge approximatif de la toiture et son entretien
  • Les problèmes d’inondation éventuellement survenus
  • L’existence d’un drain périphérique autour de la maison

La documentation et les garanties

Demandez à consulter :

  • Les factures des travaux d’assainissement ou d’étanchéité réalisés
  • Les garanties décennales encore actives sur d’éventuels travaux
  • Le diagnostic technique global s’il existe
  • Les relevés de consommation énergétique (une surconsommation peut indiquer des problèmes d’isolation liés à l’humidité)

Un vendeur qui manifeste des réticences à partager ces informations techniques devrait éveiller votre vigilance et justifier une investigation plus approfondie. La transparence révèle souvent l’état réel du bien.

Quand l’environnement extérieur révèle des risques potentiels

L’environnement immédiat de la maison peut fournir de précieux indices sur les risques d’humidité et vous permettre d’anticiper des problèmes futurs même si la maison semble actuellement saine.

La configuration du terrain

Observez attentivement :

  • La pente du terrain : si elle dirige l’eau vers la maison, le risque d’infiltration augmente
  • La proximité d’un cours d’eau ou d’une zone humide
  • L’état des gouttières et descentes d’eau pluviale
  • La présence d’une nappe phréatique à faible profondeur (renseignez-vous auprès de la mairie)

Les indices sur la façade et les abords

Examinez également :

  • L’état des joints de façade et du crépi
  • La présence de végétation contre les murs (lierre, mousse)
  • Des flaques d’eau stagnante après la pluie
  • L’état des regards et évacuations d’eau autour de la maison

Une visite par temps de pluie peut s’avérer particulièrement révélatrice pour observer le comportement de l’eau autour et sur la maison.

En appliquant ces modes d’observation et d’analyse, vous mettez toutes les chances de votre côté pour détecter d’éventuels problèmes d’humidité avant l’achat. N’oubliez pas que certains traitements contre l’humidité peuvent représenter des investissements conséquents, parfois jusqu’à 10 % de la valeur du bien. Une vigilance accrue lors des visites vous permettra soit d’éviter un achat problématique, soit de négocier le prix en conséquence, en tenant compte des travaux à prévoir. La clé reste la prudence et, dans le doute, le recours à un spécialiste qui pourra vous conseiller objectivement.

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