L’extension de la RE2020 aux nouveaux bâtiments tertiaires, applicable dès le 1er mai 2026, représente un changement réglementaire majeur que les professionnels du bâtiment et leurs clients doivent anticiper avec sérénité. Cette évolution, qui concernera dix typologies principales de bâtiments neufs jusqu’alors soumis à la RT2012, établit de nouveaux seuils de performance énergétique et environnementale, garantissant ainsi une meilleure qualité des constructions futures. Pour les acteurs du secteur, maîtriser ces nouvelles exigences devient un facteur déterminant de satisfaction client et de pérennité des projets dans un contexte où la performance énergétique s’impose comme norme. La compréhension de ce cadre réglementaire permet d’aborder avec tranquillité les futures demandes de permis de construire, tout en renforçant la confiance entre professionnels et clients autour d’objectifs communs de durabilité.
Périmètre d’application de la RE2020 pour le secteur tertiaire
La RE2020 pour le tertiaire marque une évolution significative du cadre réglementaire de la construction neuve en France. Ce nouveau dispositif vise à transformer l’approche énergétique et environnementale des bâtiments professionnels pour répondre aux enjeux climatiques actuels.
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La transition de la RT2012 vers la RE2020 pour le tertiaire s’inscrit dans une démarche globale de décarbonation du secteur du bâtiment. Comprendre précisément quels types de constructions sont concernés permet aux maîtres d’ouvrage d’anticiper sereinement leurs projets futurs.
Typologies de bâtiments tertiaires concernés
La réglementation englobe dix catégories principales de bâtiments neufs ou parties de bâtiments pérennes. Cette diversité reflète l’ambition d’une couverture large du parc tertiaire français.
Les bâtiments concernés comprennent notamment les hôtels, restaurants, commerces et établissements d’accueil de la petite enfance. S’y ajoutent les gymnases, bâtiments industriels et artisanaux, aérogares, établissements de santé et EHPAD.
Le périmètre inclut également les bâtiments universitaires, médiathèques, bibliothèques et autres établissements sportifs. La réglementation couvre ainsi environ 70% du parc tertiaire futur, signe de son impact considérable sur la construction.
Points essentiels à retenir sur le périmètre d’application :
- Application aux dix typologies majeures de bâtiments tertiaires neufs
- Couverture de secteurs variés : santé, éducation, commerce, industrie, sport et culture
- Concerne uniquement les constructions pérennes, destinées à durer
- S’applique aux permis de construire déposés à partir du 1er mai 2026
Cette large couverture témoigne de la volonté des pouvoirs publics d’inscrire tous les types de bâtiments professionnels dans une démarche de performance globale. La collaboration avec un professionnel connaissant ces catégories devient essentielle.
Exceptions et cas particuliers maintenus sous RT2012
Certains bâtiments tertiaires demeurent soumis à la RT2012 malgré cette évolution réglementaire. Ces exceptions répondent à des considérations pratiques et techniques bien identifiées.
Restent notamment sous l’ancienne réglementation les constructions ou extensions de bâtiments de surface inférieure à 50 m². Cette mesure reconnaît les contraintes spécifiques des petites surfaces en matière de performance énergétique.
Les extensions de surface cumulativement inférieure à 150 m² et à 30% de la surface existante conservent également le régime de la RT2012. Cette disposition vise à ne pas freiner les projets d’agrandissement modérés des bâtiments existants.
Sont totalement exclus de toute réglementation thermique :
- Les constructions provisoires prévues pour moins de 2 ans d’utilisation
- Les bâtiments nécessitant des conditions spécifiques de température, d’hygrométrie ou de qualité d’air
- Les structures dont l’usage requiert des paramètres environnementaux particuliers incompatibles avec les exigences standards
La connaissance précise de ces exceptions permet d’éviter les confusions réglementaires préjudiciables. Un professionnel qualifié saura déterminer le cadre applicable à votre projet spécifique.
Calendrier de mise en œuvre et nouvelles exigences réglementaires

L’application de la RE2020 aux bâtiments tertiaires suit un calendrier précis que les professionnels et maîtres d’ouvrage doivent intégrer à leur planification. Cette transition progressive permet à l’ensemble des acteurs de s’adapter aux nouvelles exigences.
La connaissance des échéances et des paramètres techniques requis constitue un avantage considérable pour tout projet de construction. Elle permet d’éviter les retards et surcoûts liés à des modifications tardives de conception.
Dates clés pour l’entrée en vigueur
Le décret n°2026-16 du 15 janvier 2026 constitue le texte fondateur de cette extension réglementaire. Sa publication au Journal officiel le 17 janvier 2026 marque le début du compte à rebours pour les acteurs du secteur.
La date d’application effective est fixée au 1er mai 2026, s’appliquant à tous les permis de construire ou déclarations préalables déposés à partir de cette date. Ce délai offre une période d’adaptation aux professionnels du bâtiment.
Il est important de noter que cette échéance a été repoussée. Initialement prévue pour le 1er juillet 2025, la date du 1er mai 2026 représente un compromis entre ambition environnementale et réalisme économique.
Ce calendrier s’inscrit également dans une perspective européenne. L’extension de la RE2020 anticipe la transposition de la directive européenne 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments, prévue d’ici mi-2026.
Les cinq exigences fondamentales de résultat
La RE2020 pour le tertiaire s’articule autour de cinq objectifs majeurs de performance. Ces critères constituent le socle d’évaluation de la conformité des projets à la nouvelle réglementation.
Premier pilier, l’optimisation de la conception énergétique du bâti est mesurée par l’indicateur Bbio. Ce paramètre évalue la qualité intrinsèque de la conception bioclimatique, indépendamment des systèmes énergétiques.
La limitation de la consommation d’énergie primaire représente le deuxième critère fondamental. Il s’agit d’inciter à une sobriété globale dans l’utilisation des ressources énergétiques du bâtiment.
Troisième exigence, la réduction de l’impact carbone des consommations d’énergie vise à privilégier les sources d’énergie les moins émettrices. Ce critère favorise les énergies renouvelables et décarbonées.
La limitation de l’impact carbone des composants constitue la quatrième dimension de cette réglementation. Elle concerne le choix des matériaux et systèmes constructifs selon leur empreinte environnementale.
Enfin, la maîtrise de l’inconfort d’été complète ce dispositif en intégrant l’adaptation au changement climatique. Cette dimension anticipe les besoins de rafraîchissement face aux canicules plus fréquentes.
Points clés à surveiller dans la mise en œuvre :
- Vérifier l’application effective au 1er mai 2026 pour tout nouveau projet
- Intégrer les cinq critères de performance dès la phase de conception
- Anticiper les adaptations nécessaires aux spécificités de chaque typologie de bâtiment
- Prévoir une marge de sécurité dans les calculs pour garantir la conformité
Pour naviguer sereinement dans ce nouveau cadre réglementaire, le recours à des professionnels informés devient indispensable. Leur connaissance approfondie des exigences garantit la conformité du projet.
Impacts et enjeux pour les acteurs du bâtiment

L’extension de la RE2020 au secteur tertiaire transforme profondément les pratiques professionnelles de construction. Cette évolution réglementaire impose de nouveaux arbitrages entre performance énergétique, empreinte carbone et fonctionnalité des bâtiments.
Pour les maîtres d’ouvrage comme pour les concepteurs, cette transition représente un défi technique et économique. Elle requiert une adaptation des méthodes de travail et des choix constructifs.
Conséquences sur la conception des projets tertiaires
La RE2020 fait de la performance énergétique et environnementale un critère structurant dès la phase d’esquisse d’un projet. Les choix initiaux de conception influencent désormais fortement la capacité à atteindre les objectifs réglementaires.
Les professionnels doivent réaliser des arbitrages complexes entre différents paramètres. L’orientation du bâtiment, le rapport plein/vide des façades ou encore la compacité deviennent des variables déterminantes pour l’atteinte des objectifs.
Le choix des matériaux connaît également une évolution majeure. La prise en compte de l’impact carbone des composants favorise les solutions constructives à faible empreinte environnementale sur l’ensemble du cycle de vie.
Cette approche plus globale de la performance induit un besoin accru de coordination entre les différents intervenants. Architectes, bureaux d’études thermiques et environnementaux doivent désormais collaborer plus étroitement.
Préparation et adaptation des professionnels
Face à ces nouvelles exigences, les acteurs du bâtiment doivent renforcer leurs compétences techniques. La maîtrise des outils de simulation et de calcul d’impact devient un avantage concurrentiel décisif.
Le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) a exprimé des préoccupations sur les surcoûts potentiels liés à cette réglementation. Ces inquiétudes soulignent l’importance d’anticiper l’impact économique pour les projets à venir.
Les professionnels doivent également se tenir informés des assouplissements prévus par le décret RETEX. Ces dispositions visent à faciliter l’application de la réglementation dans certains contextes spécifiques.
Bonnes pratiques pour s’adapter efficacement :
- Former les équipes aux nouvelles méthodes de calcul et aux outils associés
- Constituer une base de données de solutions techniques conformes aux exigences
- Développer des partenariats avec des fournisseurs proposant des matériaux bas-carbone
- Anticiper les surcoûts potentiels dans les estimations budgétaires des projets
Cette période de transition représente une opportunité de valoriser un savoir-faire différenciant. Les professionnels qui maîtriseront ces nouvelles exigences pourront proposer un accompagnement de qualité très recherché.