Le nouveau diagnostic structurel obligatoire dans les immeubles collectifs de plus de 15 ans, instauré par la loi du 9 avril 2024, répond à un besoin fondamental de sécurité pour les copropriétaires et occupants des bâtiments situés dans les secteurs à risque définis par les communes. Cette mesure préventive, qui s’inscrit dans une démarche de qualité du bâti et de protection des résidents, apporte une tranquillité significative aux propriétaires en identifiant précocement les éventuels désordres structurels avant qu’ils ne deviennent critiques. Comprendre cette nouvelle obligation et ses modalités d’application permet aux copropriétaires de l’anticiper sereinement, en s’appuyant sur des professionnels qualifiés dont l’intervention garantit la confiance dans la solidité et la pérennité de leur patrimoine immobilier. Les syndicats de copropriétaires et gestionnaires d’immeubles qui se préparent dès maintenant à cette obligation démontrent leur engagement pour la satisfaction et la sécurité de tous les occupants.
Cadre juridique et objectifs du diagnostic structurel
Le diagnostic structurel des immeubles collectifs s’inscrit dans un cadre juridique précis, instauré par la loi du 9 avril 2024 sur l’habitat dégradé. Cette loi a créé l’article L.126-6-1 du Code de la construction et de l’habitation (CCH), établissant cette nouvelle obligation pour certains bâtiments d’habitation collectifs. Le décret n° 2025-814 du 12 août 2025 vient préciser les modalités opérationnelles de ce dispositif, en créant notamment les articles R.126-43-1 et suivants du CCH.
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Ce nouveau dispositif vise avant tout à améliorer la sécurité des occupants des immeubles collectifs en identifiant précocement les risques potentiels. Il permet d’intervenir en amont dans le cycle de dégradation des bâtiments, avant que les problèmes structurels ne deviennent critiques. La démarche s’inscrit dans une vision préventive de l’entretien du bâti, plutôt que curative après survenance de désordres majeurs.
Objectifs principaux de la nouvelle réglementation
Le ministère de la Transition écologique présente le diagnostic structurel comme un nouvel outil de prévention des risques d’effondrement. Cette approche vise à intervenir avant l’apparition de sinistres graves qui pourraient mettre en danger les occupants.
Cette mesure permet également d’améliorer la connaissance globale du parc immobilier, particulièrement dans les zones urbaines anciennes où les risques structurels peuvent être plus importants. Les collectivités disposent ainsi d’un meilleur repérage des situations préoccupantes.
Articulation avec les dispositifs existants
Le diagnostic structurel complète les dispositifs de police du péril et de mise en sécurité déjà existants. Il s’inscrit dans la continuité des mesures de prévention des risques liés au bâti et renforce l’arsenal juridique disponible.
Pour les copropriétés, ce dispositif s’articule avec le plan pluriannuel de travaux (PPPT) instauré par la loi Climat et Résilience. Les résultats du diagnostic peuvent alimenter directement la programmation des travaux et faciliter la priorisation des interventions.
Les points clés à retenir sur ce cadre juridique :
- Création par la loi du 9 avril 2024 et le décret n° 2025-814 du 12 août 2025
- Codification dans le CCH aux articles L.126-6-1 et R.126-43-1 et suivants
- Approche préventive pour détecter les risques avant l’apparition de sinistres
- Complémentarité avec les dispositifs existants de police du péril
- Contribution à la connaissance du parc immobilier dans les zones à risque
Qui est concerné par le diagnostic structurel obligatoire ?
Le diagnostic structurel concerne spécifiquement les bâtiments d’habitation collectifs situés dans certaines zones définies. La réglementation établit des critères précis pour déterminer quels immeubles sont soumis à cette obligation, en fonction de leur âge et de leur localisation. Les communes jouent un rôle central dans l’identification des secteurs concernés, créant ainsi un dispositif adapté aux réalités locales.

Il est important de comprendre que tous les immeubles collectifs ne sont pas automatiquement concernés. L’obligation s’applique uniquement dans les périmètres définis par délibération du conseil municipal, ciblant généralement les zones présentant des risques particuliers liés à la vétusté ou à la nature du bâti.
Bâtiments visés par l’obligation
Sont concernés par l’obligation de diagnostic structurel les bâtiments d’habitation collectifs âgés de plus de 15 ans situés dans les secteurs délimités par la commune. Cette obligation s’applique à l’expiration d’un délai de 15 ans à compter de la réception des travaux de construction du bâtiment.
Le diagnostic doit ensuite être renouvelé au moins tous les 10 ans, assurant ainsi un suivi régulier de l’état structurel de l’immeuble. Cette périodicité permet d’adapter les interventions à l’évolution naturelle du bâti et aux éventuels désordres qui pourraient apparaître avec le temps.
Rôle des communes dans la délimitation des secteurs
La mise en œuvre de l’obligation de diagnostic structurel repose sur une décision facultative des communes. Le conseil municipal peut, par délibération, définir des secteurs géographiques dans lesquels tout bâtiment d’habitation collectif devra faire l’objet d’un diagnostic structurel, conformément aux articles L.126-6-1 et R.126-43-1 du CCH.
Lorsque la commune est couverte par un Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi), la délibération définissant les secteurs concernés est transmise au président de l’EPCI compétent. Le maire ou le président de l’EPCI doit ensuite, dans un délai de trois mois, annexer les périmètres définis au plan local d’urbanisme ou à la carte communale.
Information des propriétaires et copropriétés
Dès lors qu’un immeuble se trouve dans un périmètre où le diagnostic structurel est obligatoire, la commune doit informer officiellement les propriétaires ou le syndic de copropriété. Cette information se fait généralement par courrier recommandé, garantissant ainsi que tous les responsables d’immeubles concernés sont bien avisés de leurs nouvelles obligations.
Les propriétaires et syndics doivent être attentifs à ce type de notification, car elle déclenche l’obligation de réaliser le diagnostic dans les délais impartis. Une communication claire entre la commune et les gestionnaires d’immeubles est essentielle pour assurer la bonne mise en œuvre de ce dispositif de prévention.
Points de vigilance pour les copropriétaires :
- Vérifier régulièrement auprès de la mairie si votre immeuble se situe dans un secteur concerné
- Consulter les annexes du plan local d’urbanisme où figurent les périmètres définis
- Rester attentif aux courriers officiels de la commune concernant cette obligation
- Aborder ce sujet lors des assemblées générales de copropriété, même à titre préventif
- Se renseigner sur les critères ayant conduit à la délimitation des secteurs concernés
Obligations des copropriétaires et gestionnaires d’immeubles
Face à cette nouvelle obligation réglementaire, les copropriétaires et gestionnaires d’immeubles collectifs doivent s’organiser pour réaliser le diagnostic structurel dans les délais impartis. Cette démarche s’inscrit dans leurs responsabilités légales en matière d’entretien et de sécurité du bâti, au même titre que d’autres obligations techniques déjà existantes.

La gestion proactive de cette obligation constitue un atout pour la valorisation du patrimoine et la sécurité des occupants. Un diagnostic réalisé dans les règles de l’art, suivi des travaux éventuellement préconisés, témoigne d’une gestion responsable de l’immeuble et peut contribuer à maintenir, voire à augmenter, la valeur des lots de copropriété.
Qui doit faire réaliser le diagnostic ?
La responsabilité de faire réaliser le diagnostic structurel incombe au propriétaire du bâtiment ou, dans le cas d’une copropriété, au syndicat des copropriétaires représenté par son syndic. Cette obligation s’applique à tous les immeubles d’habitation collectifs de plus de 15 ans situés dans les zones définies par la commune.
Le syndic de copropriété doit inscrire ce sujet à l’ordre du jour d’une assemblée générale pour faire voter la réalisation du diagnostic. Il est recommandé d’anticiper cette démarche dès réception de l’information de la commune, afin de disposer du temps nécessaire pour choisir un professionnel qualifié et planifier l’intervention.
Périodicité et délais à respecter
Le premier diagnostic structurel doit être réalisé 15 ans après la réception des travaux de construction du bâtiment. Par la suite, ce diagnostic doit être renouvelé au minimum tous les 10 ans, assurant ainsi un suivi régulier de l’état structurel de l’immeuble.
Pour les immeubles déjà âgés de plus de 15 ans au moment de l’instauration de l’obligation dans leur secteur, le diagnostic doit être réalisé dans un délai de 18 mois après notification par la commune. Il est donc important pour les syndics et propriétaires de bien identifier la situation de leur immeuble par rapport à ces échéances réglementaires.
Actions recommandées pour les gestionnaires d’immeubles :
- Anticiper le budget nécessaire lors de l’établissement du budget prévisionnel de la copropriété
- Programmer la réalisation du diagnostic bien avant l’échéance légale
- Conserver soigneusement les rapports de diagnostics précédents
- Intégrer les recommandations du diagnostic dans le plan pluriannuel de travaux
- Informer régulièrement les copropriétaires sur les obligations et échéances
Contenu obligatoire du diagnostic structurel
Le diagnostic structurel est une démarche technique approfondie qui repose sur une méthodologie précise. Son contenu est normé par la réglementation pour garantir une évaluation complète et pertinente de l’état structurel du bâtiment. Cette standardisation permet d’obtenir des résultats fiables et comparables d’un immeuble à l’autre.
La qualité du diagnostic dépend grandement de l’exhaustivité des documents fournis au diagnostiqueur et de l’accès qui lui est accordé aux différentes parties de l’immeuble. Une bonne préparation en amont de l’intervention est donc essentielle pour obtenir une évaluation pertinente de l’état structurel du bâtiment.
Documents à fournir au diagnostiqueur
Pour réaliser un diagnostic structurel complet et pertinent, le propriétaire ou le syndicat des copropriétaires doit mettre à la disposition du professionnel un ensemble de documents techniques relatifs à l’immeuble. Cette documentation constitue le socle de l’analyse et permet au diagnostiqueur de comprendre l’historique du bâtiment.
Les documents à fournir comprennent notamment le dossier de diagnostics techniques existants, les plans et dossiers techniques disponibles, les arrêtés de péril ou de mise en sécurité pris au cours des dix dernières années, ainsi que leurs mains-levées. Pour les copropriétés, le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT) établi au titre de la loi Climat et Résilience doit également être communiqué.
Investigations sur site et rapport de diagnostic
Le diagnostic structurel repose sur une inspection visuelle approfondie de l’immeuble, couvrant à la fois les parties communes et les parties privatives accessibles et visibles. Cette inspection permet d’identifier d’éventuels désordres structurels et d’évaluer leur impact sur la stabilité globale du bâtiment.
Le rapport de diagnostic suit un format standardisé, défini par un arrêté ministériel pris à la suite du décret du 12 août 2025. Il présente une description détaillée du bâtiment, des éléments structurels diagnostiqués et des éventuels désordres observés. Ce document formule également une appréciation de la stabilité générale et peut recommander des investigations complémentaires, des travaux ou des mesures conservatoires.
Éléments essentiels d’un rapport de diagnostic structurel :
- Description technique complète du bâtiment (type de construction, âge, nombre d’étages)
- Inventaire et analyse détaillée des éléments structurels examinés
- Documentation photographique des désordres constatés
- Analyse de l’impact des derniers travaux réalisés sur la stabilité du bâtiment
- Évaluation globale de la stabilité structurelle de l’immeuble
- Recommandations techniques précises (investigations complémentaires, travaux, mesures conservatoires)
Compétences et obligations du professionnel diagnostiqueur
La réalisation d’un diagnostic structurel requiert des compétences techniques spécifiques en matière de structure et de bâtiment. Le législateur a défini un cadre strict pour garantir la qualité des prestations réalisées, en imposant des exigences précises concernant le profil des professionnels habilités à effectuer ces diagnostics.
Le choix d’un professionnel compétent et reconnu est déterminant pour la fiabilité du diagnostic. Un rapport bien réalisé constitue un outil précieux pour la gestion à long terme du bâtiment, tandis qu’un diagnostic approximatif peut conduire à des erreurs d’appréciation coûteuses.
Qualification et assurance du diagnostiqueur
Selon les articles R.126-43-4 et R.126-43-5 du CCH, le diagnostic structurel doit être réalisé par une personne physique ou morale justifiant de compétences techniques spécifiques en structure et bâtiment. Cette personne doit disposer d’une assurance de responsabilité civile professionnelle couvrant spécifiquement cette activité de diagnostic.
Le professionnel doit également présenter des garanties d’indépendance vis-à-vis du propriétaire ou du gestionnaire de l’immeuble, afin d’éviter tout conflit d’intérêt susceptible d’affecter l’impartialité de son jugement. Cette exigence d’indépendance est essentielle pour garantir l’objectivité du diagnostic.
Sanctions et pouvoirs de la commune
En cas de non-réalisation du diagnostic structurel obligatoire, le maire peut faire procéder d’office à ce diagnostic, aux frais du propriétaire ou du syndicat des copropriétaires. Les frais engagés par la commune sont alors recouvrés comme en matière de contributions directes.
Cette disposition souligne l’importance accordée par les pouvoirs publics à cette mesure de prévention. Il est donc dans l’intérêt des copropriétaires de respecter scrupuleusement cette obligation pour éviter des frais supplémentaires et d’éventuelles complications administratives.
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Critères essentiels pour choisir un diagnostiqueur structurel :
- Vérifier les qualifications techniques spécifiques en structure et bâtiment
- S’assurer que le professionnel dispose d’une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée
- Contrôler son indépendance vis-à-vis des intervenants habituels sur l’immeuble
- Examiner son expérience dans le diagnostic d’immeubles similaires au vôtre
- Demander des références auprès d’autres copropriétés ou propriétaires
- Comparer plusieurs devis pour évaluer le rapport qualité/prix de la prestation