Le secteur de la rénovation énergétique traverse une période difficile marquée par un recul de l’activité, principalement en raison de l’instabilité des aides publiques et de la complexité administrative qui pèsent sur les artisans du bâtiment. Dans ce contexte incertain, établir une relation de confiance entre clients et professionnels devient un facteur déterminant pour mener à bien des projets de rénovation qui garantissent qualité et satisfaction à long terme. Les solutions existent pourtant, depuis la simplification des qualifications RGE jusqu’au développement d’un parcours de rénovation par étapes, pour redonner de la sérénité aux professionnels et permettre aux propriétaires d’engager leurs travaux avec tranquillité.
La situation actuelle de l’artisanat du bâtiment dans le secteur de la rénovation énergétique
Le secteur de l’artisanat du bâtiment connaît une période de ralentissement significatif en 2025. Les derniers chiffres publiés par la CAPEB montrent, selon cette organisation, un recul de 3,5% de l’activité au troisième trimestre par rapport à la même période de 2024. Cette baisse s’inscrit dans une tendance plus large qui touche l’ensemble du secteur depuis plusieurs trimestres.
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La situation est particulièrement préoccupante dans le domaine de la rénovation énergétique. Avec une diminution de 1,5% des travaux de performance énergétique des logements sur quatre trimestres consécutifs selon la CAPEB, les professionnels font face à un véritable défi. Cette baisse contredit les objectifs nationaux ambitieux en matière de transition écologique.
Les chiffres clés révélateurs d’un secteur en difficulté
L’année 2025 confirme la crise structurelle que traverse le secteur. Les carnets de commandes des entreprises artisanales sont réduits à 68 jours de travail selon la CAPEB, ce qui limite considérablement leur visibilité économique. Cette situation précaire affecte leur capacité à investir et à se projeter dans l’avenir.
L’impact sur l’emploi est tout aussi alarmant. Selon la CAPEB, en 2024 et 2025, 40 000 emplois ont été supprimés dans le secteur du bâtiment. La construction neuve est particulièrement touchée avec un repli de 6% en glissement annuel au troisième trimestre 2025, entraînant la perte de 24 083 emplois sur un an d’après cette même source.
L’impact concret sur les artisans et leurs entreprises
Face à cette conjoncture défavorable, les artisans se retrouvent dans une situation d’incertitude. L’entretien-rénovation, qui constitue habituellement un socle d’activité plus stable, recule également de 1,5% depuis quatre trimestres consécutifs selon la CAPEB. Cette baisse généralisée de l’activité met en péril la pérennité de nombreuses entreprises artisanales.
Les professionnels constatent un phénomène d’attentisme chez les particuliers. Comme le note la CAPEB, « les banques recommencent à prêter, les gens achètent et personne ne fait de travaux ». Cette citation reflète une perception du secteur, même si les baromètres montrent qu’une part importante des propriétaires ont réalisé ou envisagent des travaux énergétiques. Cette réticence perçue à engager des travaux de rénovation énergétique compromet la dynamique nécessaire à la relance du secteur.
Voici les principales difficultés rencontrées par les artisans :
- Une diminution significative du volume de chantiers de rénovation énergétique
- Une visibilité économique limitée avec des carnets de commandes réduits
- Une pression sur les prix face à la baisse de la demande
- Des contraintes administratives croissantes pour accéder aux marchés
Ces obstacles nécessitent des réponses adaptées pour permettre aux professionnels de retrouver un niveau d’activité satisfaisant et de contribuer efficacement à la rénovation du parc immobilier.
Les freins réglementaires et administratifs à la rénovation énergétique

Au-delà de la conjoncture économique, plusieurs obstacles réglementaires et administratifs entravent la dynamique de rénovation énergétique. Ces freins, identifiés par les organisations professionnelles, constituent un véritable défi pour les artisans qui souhaitent développer leur activité dans ce domaine pourtant stratégique pour la transition écologique.
L’instabilité des politiques publiques est régulièrement pointée du doigt par les professionnels. Les modifications fréquentes des dispositifs d’aide, comme la fermeture temporaire du guichet MaPrimeRénov’ pour le parcours accompagné, découragent les investissements des particuliers et compliquent le travail des artisans qui doivent constamment s’adapter à de nouvelles règles.
L’instabilité des dispositifs d’aide publique
La fermeture temporaire du guichet MaPrimeRénov’ pour le parcours accompagné a été identifiée comme un facteur aggravant la crise du secteur. Cette aide, essentielle pour de nombreux projets de rénovation, a connu plusieurs modifications qui ont perturbé sa lisibilité pour les particuliers comme pour les professionnels. Cette instabilité réglementaire freine considérablement l’engagement des propriétaires dans des travaux de rénovation énergétique.
Un autre exemple significatif est la modification prévue du coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE à compter de 2026. Cette mesure technique aura des conséquences importantes puisqu’elle reclassera automatiquement environ 700 000 résidences principales sortant du statut de passoire énergétique, sans qu’aucun travail de rénovation ne soit réalisé. La CAPEB dénonce cette décision qui risque de freiner artificiellement la demande de rénovations performantes.
La complexité administrative qui pénalise les professionnels
La lourdeur administrative constitue un frein majeur pour les artisans. Selon la note de conjoncture du 3ᵉ trimestre 2025 de la CAPEB, 50% des répondants soulignent le besoin de simplification des démarches. Cette complexité administrative mobilise un temps précieux que les artisans ne peuvent consacrer à leur cœur de métier.
La qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), indispensable pour permettre aux clients de bénéficier des aides à la rénovation énergétique, est également critiquée pour sa complexité. Les conditions d’obtention et de maintien de cette qualification représentent une charge significative pour les petites entreprises artisanales.
Pour surmonter ces obstacles, plusieurs pistes méritent d’être explorées :
- Stabiliser dans la durée les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique
- Simplifier les démarches administratives pour les professionnels
- Adapter les exigences de qualification aux réalités des petites entreprises
- Développer des outils d’accompagnement accessibles aux artisans
La réduction de ces freins administratifs et réglementaires est une condition nécessaire pour permettre une véritable massification de la rénovation énergétique par les artisans du bâtiment.
Les dispositifs d’aides disponibles pour la rénovation énergétique en 2025
Malgré les difficultés, plusieurs dispositifs d’aide à la rénovation énergétique restent accessibles en 2025. Ces aides constituent un levier important pour encourager les propriétaires à entreprendre des travaux et représentent une opportunité pour les artisans de développer leur activité dans ce secteur.
Le panorama actualisé des aides à la rénovation énergétique des logements individuels disponible depuis le 1er octobre 2025 offre une vision claire des dispositifs en vigueur. Cette lisibilité est essentielle tant pour les particuliers que pour les professionnels qui les accompagnent dans leurs projets.
Panorama des aides financières accessibles aux particuliers

Les principaux dispositifs d’aide à la rénovation énergétique en vigueur en octobre 2025 comprennent MaPrimeRénov’, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), la TVA à 5,5% et l’Éco-PTZ. Chaque dispositif répond à des critères spécifiques d’éligibilité et impose le respect de certaines conditions techniques.
MaPrimeRénov’ reste le dispositif phare pour financer les travaux de rénovation énergétique, même si des évolutions sont prévues. La CAPEB a d’ailleurs exprimé son opposition à la suppression envisagée des travaux d’isolation des murs et de l’installation de chaudières biomasse du champ des mono-gestes de MaPrimeRénov’ à partir du 1er janvier 2026.
Comment les artisans peuvent accompagner leurs clients dans ces démarches
Pour les artisans, maîtriser ces dispositifs d’aide est un atout majeur pour conseiller efficacement leurs clients. La CAPEB a publié un document récapitulatif des aides aux travaux de rénovation énergétique, téléchargeable par ses adhérents. Ce support permet aux professionnels de disposer d’informations à jour sur les montants et conditions d’éligibilité pour chaque dispositif.
L’accompagnement des clients dans ces démarches administratives peut constituer un véritable service à valeur ajoutée. En aidant les particuliers à comprendre et à mobiliser les aides disponibles, les artisans renforcent la relation de confiance et facilitent la concrétisation des projets de rénovation.
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Pour optimiser l’accompagnement des clients, les artisans peuvent :
- Se tenir informés régulièrement des évolutions des dispositifs d’aide
- Participer aux formations et réunions d’information organisées par les organisations professionnelles
- Établir des partenariats avec des conseillers spécialisés dans le financement de la rénovation
- Proposer une approche globale qui intègre les aspects techniques et financiers des projets
Cette connaissance approfondie des dispositifs d’aide permet aux artisans de se positionner comme des partenaires de confiance dans les projets de rénovation énergétique.
Comment surmonter les obstacles liés aux qualifications professionnelles
Les qualifications professionnelles, bien que nécessaires pour garantir la qualité des travaux, peuvent représenter un frein pour de nombreux artisans. La simplification de ces dispositifs est un enjeu majeur pour faciliter l’accès des professionnels aux marchés de la rénovation énergétique.
La CAPEB a formulé plusieurs propositions pour alléger ces contraintes, notamment concernant la qualification RGE qui conditionne l’accès aux aides financières pour les clients. Ces évolutions pourraient permettre à davantage d’artisans de proposer des prestations éligibles aux dispositifs d’aide.
La qualification RGE: enjeux et perspectives d’évolution
La qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est aujourd’hui incontournable pour intervenir sur les chantiers de rénovation énergétique bénéficiant d’aides publiques. Cependant, sa complexité et son coût constituent un obstacle pour de nombreux artisans, en particulier pour les plus petites structures.
Pour remédier à cette situation, la CAPEB propose de simplifier la qualification RGE, notamment via la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience). Cette approche permettrait de reconnaître les compétences acquises par les artisans au cours de leur parcours professionnel, sans les contraindre à suivre des formations redondantes avec leur expérience.
Les groupements d’entreprises: une solution collaborative
Face à la complexité croissante des projets de rénovation énergétique, qui nécessitent souvent l’intervention de plusieurs corps de métiers, les Groupements Momentanés d’Entreprises (GME) constituent une réponse adaptée. Ces structures permettent aux artisans de se regrouper pour répondre collectivement à des appels d’offres ou à des projets d’envergure.
La CAPEB propose de simplifier le recours à ces GME pour permettre aux petites entreprises de se positionner sur des marchés plus complexes. Cette approche collaborative permet de mutualiser les compétences et les qualifications, offrant ainsi une solution globale aux clients tout en préservant l’indépendance de chaque entreprise.
Pour faciliter l’accès des artisans aux marchés de la rénovation énergétique, plusieurs approches méritent d’être considérées :
- Reconnaître l’expérience professionnelle des artisans via la VAE pour l’obtention de qualifications
- Adapter les exigences de qualification aux spécificités des petites entreprises
- Favoriser les approches collaboratives comme les GME
- Développer des formations ciblées et accessibles pour acquérir les compétences requises
Ces mesures permettraient d’élargir le vivier de professionnels qualifiés pour répondre à l’ambition de massification de la rénovation énergétique.
Les propositions concrètes pour relancer le secteur
Face à la crise que traverse le secteur de la rénovation énergétique, plusieurs propositions concrètes ont été formulées pour relancer l’activité. Ces solutions, portées notamment par la CAPEB, visent à créer un environnement plus favorable tant pour les artisans que pour les particuliers souhaitant engager des travaux.
L’objectif affiché est de créer une dynamique permettant d’atteindre le nombre de 370 000 logements rénovés par an, puis 700 000 d’ici 2050. Pour y parvenir, il est nécessaire d’actionner plusieurs leviers complémentaires simultanément.
Les solutions avancées par les organisations professionnelles
La CAPEB a formulé plusieurs propositions qui font consensus au sein de la filière. Parmi celles-ci, la simplification de la qualification RGE via la VAE et l’allègement des critères de base apparaît comme une priorité pour permettre à davantage d’artisans d’accéder aux marchés de la rénovation énergétique.
La simplification du recours aux Groupements Momentanés d’Entreprises (GME) constitue également une piste prometteuse. Cette approche permettrait aux artisans de se regrouper plus facilement pour proposer une offre globale de rénovation, répondant ainsi aux attentes des clients et aux exigences techniques des projets.
Vers un parcours de rénovation énergétique par étapes
L’une des propositions phares avancées par la CAPEB concerne l’élaboration d’un parcours de rénovation énergétique par gestes. Cette approche permettrait de rénover progressivement un logement par étapes, en fonction des capacités d’investissement des propriétaires et des priorités techniques.
Cette méthode présente plusieurs avantages. Elle rend la rénovation énergétique plus accessible en répartissant les investissements dans le temps. Elle permet également d’adapter les travaux aux spécificités de chaque logement et aux contraintes budgétaires des propriétaires.
Pour relancer efficacement le secteur de la rénovation énergétique, plusieurs mesures complémentaires sont nécessaires :
- Garantir la stabilité des dispositifs d’aide sur le long terme
- Adapter les exigences techniques aux réalités du terrain
- Reconnaître la valeur de chaque geste de rénovation dans un parcours global
- Simplifier les démarches administratives pour les professionnels comme pour les clients
- Valoriser le savoir-faire des artisans dans la mise en œuvre de solutions adaptées
L’ensemble de ces propositions vise à créer un environnement favorable à la massification des travaux de rénovation énergétique, permettant ainsi d’atteindre les objectifs ambitieux fixés en matière de transition écologique tout en soutenant l’activité des artisans du bâtiment.