Les réformes de l’habitat prévues pour 2025-2026 apportent des changements significatifs qui méritent toute l’attention des artisans et propriétaires soucieux de naviguer avec confiance dans ce nouveau paysage réglementaire. Les transformations majeures concernent principalement le financement avec l’extension du PTZ jusqu’en 2027, la réduction du budget de MaPrimeRénov’ à 2,3 milliards d’euros, et l’interdiction progressive de location des logements énergivores, impactant directement la qualité et la conformité des biens immobiliers. Ces évolutions réglementaires représentent à la fois des défis et des opportunités pour les professionnels du bâtiment, dont la capacité d’adaptation garantira la satisfaction de leurs clients et leur propre tranquillité face aux nouvelles exigences du marché.
Financement et fiscalité : Les grandes évolutions prévues en 2025
Le Projet de Loi de Finances 2025 transforme considérablement le paysage du logement en France avec un objectif d’économies de 60 milliards d’euros. Le budget alloué à la mission « Cohésion des territoires » connaît une légère hausse, passant de 23,5 milliards d’euros en 2024 à 23,7 milliards en 2025. Ces évolutions s’accompagnent de modifications substantielles dans les dispositifs de financement et les avantages fiscaux liés à l’habitat.
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Les propriétaires et professionnels du secteur doivent anticiper ces changements pour adapter leurs stratégies d’investissement et de rénovation. La fin programmée de certains dispositifs comme le Pinel et les modifications fiscales pour les locations courte durée marquent un tournant dans la politique du logement. Ces réformes visent à rééquilibrer le marché immobilier tout en poursuivant les objectifs de transition énergétique.
Le Projet de Loi de Finances 2025 et ses impacts sur le secteur du logement
Le PLF 2025 restructure profondément les aides et incitations fiscales dans le secteur immobilier. L’État ambitionne la construction de 100 000 logements sociaux en 2025, contre 85 300 en 2024, avec un investissement supplémentaire d’un milliard d’euros pour la construction et la rénovation.
La Réduction du Loyer de Solidarité (RLS) destinée aux bailleurs sociaux diminue de 200 millions d’euros, passant de 1,3 milliard en 2024 à 1,1 milliard d’euros. Cette mesure vise à donner plus de marges financières aux organismes HLM pour développer leur parc immobilier.
Points à surveiller pour les professionnels du bâtiment :
- L’augmentation du nombre de logements sociaux représente une opportunité de marchés publics
- La fin de la TVA réduite pour les chaudières à gaz nécessite d’ajuster les devis
- La simplification des procédures d’urbanisme pourrait accélérer le lancement de nouveaux projets
- L’évolution des aides fiscales influence directement la solvabilité des clients
- Les nouvelles obligations environnementales imposent une mise à jour des compétences techniques
Extension du Prêt à Taux Zéro : une opportunité pour l’accession à la propriété
Le PTZ constitue la mesure phare du dispositif fiscal 2025 avec une extension significative de son champ d’application. Ce prêt sans intérêt s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2027 à l’ensemble du territoire français, tant pour l’habitat collectif qu’individuel neuf.
Les propriétaires peuvent désormais combiner le PTZ avec MaPrimeRénov’ pour financer des rénovations d’envergure, créant ainsi un levier financier puissant pour améliorer la performance énergétique des logements. En 2024, les logements sociaux ont représenté 3 900 acquisitions sur 45 000 PTZ accordés, une proportion qui pourrait augmenter avec ces nouvelles dispositions.
Rénovation énergétique : Nouvelles règles et ajustements budgétaires

Le dispositif MaPrimeRénov’, pilier de la politique de rénovation énergétique française, connaît des évolutions majeures en 2025. Une évolution du budget est prévue par rapport aux 3,3 milliards d’euros de 2024, avec un recentrage sur les logements prioritaires, notamment ceux chauffés aux énergies fossiles plutôt qu’à l’électricité. Cette réorientation modifie l’équation financière des projets de rénovation et impose aux propriétaires et aux artisans de revoir leurs stratégies de financement.
Les professionnels du bâtiment doivent s’adapter à ces nouvelles contraintes pour continuer à proposer des solutions performantes et accessibles. La connaissance précise des critères d’éligibilité et le calendrier des aides deviennent des atouts commerciaux déterminants pour accompagner efficacement les clients dans leurs projets de rénovation énergétique.
MaPrimeRénov’ : réductions budgétaires et évolutions du dispositif
Les évolutions de MaPrimeRénov’ modifient profondément le paysage des aides à la rénovation. Le dispositif sera davantage ciblé sur les logements chauffés aux énergies fossiles pour 2026, tout en maintenant le soutien pour les rénovations globales qui améliorent plusieurs aspects de la performance énergétique.
Les propriétaires et artisans doivent désormais prioriser les interventions à forte valeur ajoutée énergétique. L’accent est mis sur les rénovations complètes plutôt que sur les interventions ponctuelles, ce qui favorise une approche globale de l’amélioration thermique des bâtiments.
Recommandations pour optimiser les demandes d’aide :
- Privilégier les bouquets de travaux plutôt que les interventions isolées
- Vérifier systématiquement l’éligibilité du logement avant de s’engager dans un projet
- Anticiper les délais administratifs qui peuvent s’allonger avec les nouvelles procédures
- Se tenir informé des évolutions réglementaires via les canaux officiels
- Collaborer avec des professionnels qualifiés RGE pour garantir l’accès aux aides
Calendrier de mise en œuvre et suspensions temporaires des aides
Depuis le 23 juin 2025, le gouvernement a temporairement suspendu le dispositif MaPrimeRénov’ pour les rénovations d’ampleur. Cette suspension, qui devrait prendre fin le 15 septembre 2025, concerne uniquement les rénovations globales, tandis que les aides versées au titre des rénovations par « gestes » continueront à cibler en priorité la décarbonation.
Cette pause administrative permet au gouvernement d’ajuster les critères d’attribution et de mieux cibler les logements prioritaires. Les propriétaires de passoires thermiques doivent rester particulièrement attentifs aux évolutions concernant l’éligibilité de leurs biens aux aides pour les interventions spécifiques comme le changement de chaudières.
Réforme du DPE en 2026 : un changement majeur pour l’évaluation énergétique
Une réforme significative du Diagnostic de Performance Énergétique entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Cette évolution modifiera le coefficient de conversion de l’électricité, qui passera de 2,3 à 1,9. Cette modification aura des conséquences importantes sur le classement énergétique de nombreux logements.
Cette réforme permettra à environ 850 000 logements de sortir automatiquement du statut de passoires thermiques (classes F ou G) sans nécessiter de travaux. Au total, près de 7 millions de résidences principales (23% du parc) gagneront jusqu’à une classe énergétique. Les logements chauffés à l’électricité seront les principaux bénéficiaires de cette revalorisation, ce qui influencera directement leur valeur sur le marché immobilier et leur éligibilité aux différentes aides.
Logements énergivores : Interdiction progressive de mise en location

La loi Climat & Résilience instaure un calendrier strict d’interdiction de location des « passoires thermiques ». Cette mesure vise à améliorer la qualité énergétique du parc locatif français et à réduire son empreinte carbone. Avec près de 16% du parc locatif privé concerné, cette réforme représente un enjeu majeur pour les propriétaires-bailleurs et les professionnels du bâtiment.
Les travaux de mise aux normes énergétiques deviennent ainsi une priorité absolue pour maintenir la rentabilité locative des biens concernés. Les artisans et entreprises du bâtiment doivent se préparer à une demande croissante d’interventions sur ces logements, tout en maîtrisant les nouvelles exigences techniques et réglementaires.
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Calendrier d’application pour les passoires thermiques
À partir du 1er janvier 2025, tous les logements classés G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ne pourront plus être mis en location. Cette interdiction s’étendra aux logements classés F à partir du 1er janvier 2028, ce qui représente environ un million de logements supplémentaires.
Des discussions sont en cours concernant d’éventuelles mesures d’accompagnement pour les propriétaires qui engagent des travaux de rénovation. Cette approche viserait à concilier l’amélioration du parc immobilier avec les réalités du marché du logement, tout en maintenant l’objectif d’amélioration du parc immobilier.
Points de vigilance pour les propriétaires-bailleurs :
- Réaliser un DPE récent pour connaître précisément la classe énergétique du logement
- Planifier les travaux nécessaires bien avant les échéances légales
- Évaluer le rapport coût/bénéfice des différentes options de rénovation
- Se renseigner sur les possibilités d’aides financières malgré les réductions budgétaires
- Anticiper les démarches administratives qui peuvent ralentir la mise en œuvre des travaux
Conséquences pratiques pour les propriétaires-bailleurs
Les contraintes sur les logements classés F ou G limitent déjà les possibilités locatives des propriétaires concernés. Ces restrictions, combinées à l’obligation de rénovation, créent une pression économique significative sur les bailleurs.
Les locations touristiques sont également impactées par ces réformes, puisqu’à partir de 2025, les nouveaux meublés de tourisme devront être classés au minimum E par le DPE. Cette extension des exigences énergétiques à tous les types de location reflète la volonté d’améliorer globalement la performance du parc immobilier français.
Perspectives pour le marché immobilier et la construction
Le marché immobilier français connaît des tensions importantes avec environ 2,6 millions de ménages en attente d’un logement social, un chiffre qui augmente de 100 000 demandes chaque année. Face à cette pression, les mesures gouvernementales visent à stimuler la construction tout en simplifiant les procédures administratives pour accélérer la mise sur le marché de nouveaux logements.
La loi urbanisme et logement adoptée le 26 novembre 2025 marque une avancée significative dans la simplification des démarches administratives. Cette réforme représente une opportunité pour les professionnels du bâtiment, qui pourront bénéficier d’un cadre réglementaire plus souple pour développer leurs activités et répondre plus efficacement aux besoins du marché.
Logements sociaux et intermédiaires : objectifs et investissements
L’État mobilise près d’un milliard d’euros pour réaliser 10 000 logements intermédiaires en 2025. Cet investissement conséquent vise à combler l’écart entre le logement social et le marché privé, offrant des solutions accessibles à une population aux revenus modestes mais dépassant les plafonds du logement social.
Le dispositif Loc’Avantages est reconduit jusqu’en 2027, encourageant les propriétaires à proposer des logements à loyer modéré. Cette mesure de réduction d’impôt constitue un levier intéressant pour les investisseurs soucieux de concilier rentabilité et impact social positif.
Opportunités à saisir pour les professionnels :
- La construction de 100 000 logements sociaux en 2025 génère des marchés importants
- L’investissement d’un milliard d’euros dans les logements intermédiaires crée une demande soutenue
- La simplification administrative réduit les délais de mise en œuvre des projets
- Les mesures fiscales comme Loc’Avantages stimulent l’investissement privé
- La fin de certains dispositifs comme le Pinel redistribue les cartes sur le marché immobilier neuf
Simplification réglementaire et nouvelles opportunités
La loi adoptée le 26 novembre 2025 simplifie considérablement les procédures en matière d’urbanisme et d’aménagement. Cette évolution législative facilite la construction de logements et raccourcit les délais administratifs, un changement attendu depuis longtemps par les professionnels du secteur.
Une réforme concernant un statut de bailleur privé est également envisagée pour 2026. Cette perspective pourrait modifier les obligations administratives et fiscales des propriétaires-bailleurs, créant un cadre plus incitatif pour l’investissement locatif privé dans un contexte de pénurie de logements.